Droits au chômage (ARE)
Ce dernier module vous explique les conditions d'éligibilité à l'allocation chômage et les grandes lignes de son calcul.
Les 5 conditions cumulatives
L'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) est versée par France Travail sous 5 conditions cumulatives : avoir perdu son emploi de façon involontaire (licenciement, rupture conventionnelle homologuée, fin de CDD — la démission classique est généralement exclue, sauf cas de démission légitime), justifier d'une durée d'affiliation d'au moins 130 jours travaillés ou 910 heures au cours des 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), être inscrit comme demandeur d'emploi, être physiquement apte et disponible pour travailler, et résider en France.
Comment est calculé le montant ?
Le montant journalier retient le plus favorable entre deux formules : 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR) + une partie fixe (13,18 € en 2026), ou 57 % du SJR — avec un plancher de 32,13 €/jour et un plafond de 75 % du SJR. Une dégressivité de l'allocation peut s'appliquer aux allocations journalières élevées avant 55 ans, à partir du 7ᵉ mois.
Durée d'indemnisation et cas particulier de la RC
La durée maximale indicative est de 18 mois en dessous de 55 ans, 22,5 mois de 55 à 56 ans et jusqu'à 27 mois à partir de 57 ans, en régime général. Depuis une loi du 11 juin 2026, les ruptures conventionnelles prenant effet à partir du 1ᵉʳ septembre 2026 sont soumises à des durées réduites : 15 mois en dessous de 55 ans, 20,5 mois à partir de 55 ans (paliers fusionnés pour ce cas précis). Cette réduction ne concerne ni le licenciement, ni la fin de CDD.
Cas pratique : estimer son allocation journalière
Salaire journalier de référence de 80 €
Première formule : 40,4 % × 80 + 13,18 = 45,50 €. Seconde formule : 57 % × 80 = 45,60 €. On retient la plus favorable, soit 45,60 €, qui respecte bien le plancher (32,13 €) et le plafond (75 % du SJR, soit 60 €).
Sur un mois de 30 jours, l'allocation brute atteint donc 1 368 € environ, avant les prélèvements sociaux applicables (retraite complémentaire, et CSG/CRDS au-delà d'un certain seuil).
Quand commence le versement ?
L'allocation n'est pas versée dès le lendemain de la fin du contrat. Trois décalages peuvent s'additionner :
- un délai d'attente de 7 jours, appliqué à chaque nouvelle ouverture de droits ;
- un différé congés payés, calculé à partir de l'indemnité compensatrice de congés payés perçue ;
- un différé spécifique, lorsque le salarié a reçu une indemnité de rupture supérieure au minimum légal (indemnité dite « supra-légale ») ; il est plafonné à 150 jours calendaires, et à 75 jours en cas de licenciement économique.
Une indemnité de rupture conventionnelle négociée au-dessus du minimum a donc un effet direct sur la date du premier versement : c'est un élément à intégrer dans la négociation.
Cas pratique : même salarié, deux modes de rupture
Salarié de 45 ans, 3 ans d'affiliation
Si son contrat prend fin le 1er octobre 2026 par un licenciement, la durée maximale d'indemnisation est de 18 mois. S'il prend fin à la même date par une rupture conventionnelle, elle est limitée à 15 mois. Le montant journalier, lui, est identique dans les deux cas.
Démission : les exceptions à connaître
Une démission n'ouvre en principe pas droit à l'allocation, mais plusieurs situations font exception. Certaines démissions sont considérées comme légitimes : par exemple pour suivre un conjoint qui change de lieu de travail, ou en cas de non-paiement des salaires. La démission en vue d'une reconversion professionnelle ouvre aussi des droits, à condition de justifier de 5 ans d'activité et d'un projet dont le caractère réel et sérieux a été reconnu avant la démission. Enfin, un salarié démissionnaire resté sans emploi peut demander un réexamen de sa situation après 121 jours.
À retenir
- Perte involontaire d'emploi et au moins 130 jours ou 910 heures travaillés sur la période de référence.
- Allocation : la plus favorable de deux formules, entre un plancher et 75 % du SJR.
- Depuis le 1er septembre 2026, durée réduite pour les ruptures conventionnelles uniquement.
Par Nathan Penin, éditeur du site. Module vérifié le 16 septembre 2026. Sources : Code du travail, règlement d'assurance chômage, France Travail, loi n° 2026-470 du 11 juin 2026.
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