Droits au chômage (ARE)
Ce module vous explique les conditions d'éligibilité à l'allocation chômage et les grandes lignes de son calcul.
Les 5 conditions cumulatives
L'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) est versée par France Travail sous 5 conditions cumulatives : avoir perdu son emploi de façon involontaire (licenciement, rupture conventionnelle homologuée, fin de CDD — la démission classique est généralement exclue, sauf cas de démission légitime), justifier d'une durée d'affiliation d'au moins 130 jours travaillés ou 910 heures (108 jours ou 758 heures pour une première ouverture de droits depuis le 1ᵉʳ avril 2026) au cours des 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), être inscrit comme demandeur d'emploi, être physiquement apte et disponible pour travailler, et résider en France.
Comment est calculé le montant ?
Le montant journalier retient le plus favorable entre deux formules : 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR) + une partie fixe (13,18 € en 2026), ou 57 % du SJR — avec un plancher de 32,13 €/jour et un plafond de 75 % du SJR. Une dégressivité de l'allocation peut s'appliquer aux allocations journalières élevées avant 55 ans, à partir du 7ᵉ mois.
Durée d'indemnisation et cas particulier de la RC
La durée maximale indicative est de 18 mois en dessous de 55 ans, 22,5 mois de 55 à 56 ans et jusqu'à 27 mois à partir de 57 ans, en régime général. Depuis une loi du 11 juin 2026, les ruptures conventionnelles prenant effet à partir du 1ᵉʳ septembre 2026 sont soumises à des durées réduites : 15 mois en dessous de 55 ans, 20,5 mois à partir de 55 ans (paliers fusionnés pour ce cas précis). Cette réduction ne concerne ni le licenciement, ni la fin de CDD.
Cas pratique : estimer son allocation journalière
Salaire journalier de référence de 80 €
Première formule : 40,4 % × 80 + 13,18 = 45,50 €. Seconde formule : 57 % × 80 = 45,60 €. On retient la plus favorable, soit 45,60 €, qui respecte bien le plancher (32,13 €) et le plafond (75 % du SJR, soit 60 €).
Sur un mois de 30 jours, l'allocation brute atteint donc 1 368 € environ, avant les prélèvements sociaux applicables (retraite complémentaire, et CSG/CRDS au-delà d'un certain seuil).
Quand commence le versement ?
L'allocation n'est pas versée dès le lendemain de la fin du contrat. Trois décalages peuvent s'additionner :
- un délai d'attente de 7 jours, appliqué au plus une fois sur une période de 12 mois (le simulateur en déduit la date du premier jour indemnisé) ;
- un différé congés payés, calculé à partir de l'indemnité compensatrice de congés payés perçue ;
- un différé spécifique, lorsque le salarié a reçu une indemnité de rupture supérieure au minimum légal (indemnité dite « supra-légale ») ; il est plafonné à 150 jours calendaires, et à 75 jours en cas de licenciement économique. Le simulateur de droits au chômage en donne une estimation (part supra-légale ÷ 111,8 en 2026).
Une indemnité de rupture conventionnelle négociée au-dessus du minimum a donc un effet direct sur la date du premier versement : c'est un élément à intégrer dans la négociation.
Cas pratique : même salarié, deux modes de rupture
Salarié de 45 ans, 3 ans d'affiliation
Si son contrat prend fin le 1er octobre 2026 par un licenciement, la durée maximale d'indemnisation est de 18 mois. S'il prend fin à la même date par une rupture conventionnelle, elle est limitée à 15 mois. Le montant journalier, lui, est identique dans les deux cas.
Démission : les exceptions à connaître
Une démission n'ouvre en principe pas droit à l'allocation, mais plusieurs situations font exception. Certaines démissions sont considérées comme légitimes : par exemple pour suivre un conjoint qui change de lieu de travail, ou en cas de non-paiement des salaires. La démission en vue d'une reconversion professionnelle ouvre aussi des droits, à condition de justifier de 5 ans d'activité et d'un projet dont le caractère réel et sérieux a été reconnu avant la démission. Enfin, un salarié démissionnaire resté sans emploi peut demander un réexamen de sa situation après 121 jours. Le guide démissionner et toucher le chômage détaille chacune de ces exceptions.
À retenir
- Perte involontaire d'emploi et au moins 130 jours ou 910 heures travaillés sur la période de référence (108 jours ou 758 heures pour les primo-entrants depuis le 1ᵉʳ avril 2026).
- Allocation : la plus favorable de deux formules, entre un plancher et 75 % du SJR.
- Depuis le 1er septembre 2026, durée réduite pour les ruptures conventionnelles uniquement.
Par Nathan Penin, éditeur du site. Module vérifié le 31 octobre 2026. Sources : Code du travail, règlement d'assurance chômage, France Travail, loi n° 2026-470 du 11 juin 2026 (liens en bas de page).
Sources officielles du module
Les règles de cette page ont été vérifiées le 31 octobre 2026 sur ces textes et fiches officiels :
- Assurance chômage : ministère du Travail, fiche ARE, Unédic, fiche « Rupture conventionnelle »✓ Source officielle
- Service-public : démission d’un salarié (démissions ouvrant droit à l’ARE)✓ Source officielle
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