La lettre de notification de licenciement : ce qu'elle doit contenir
C'est ce document, et lui seul, qui fixe les motifs que l'employeur pourra invoquer devant les prud'hommes en cas de contestation. Sa forme et son contenu sont strictement encadrés par la loi.
Par Nathan Penin, éditeur du site. Contenu vérifié le 4 septembre 2026. Sources : Code du travail.
Les délais à respecter
| Délai minimum après l'entretien préalable | 2 jours ouvrables, tous motifs confondus |
| Délai maximum après l'entretien | 1 mois, uniquement pour un motif disciplinaire |
| Délai pour préciser les motifs après envoi | 15 jours (salarié ou employeur) |
Une forme obligatoire : la lettre recommandée
L'article L1232-6 du Code du travail impose l'envoi de la lettre de licenciement par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) — à la différence de la convocation à l'entretien préalable, qui peut elle être remise en main propre contre décharge.
Un contenu qui varie selon le motif
Pour un motif personnel (disciplinaire ou non), la lettre doit énoncer de façon précise, objective et matériellement vérifiable le ou les motifs du licenciement : une formule vague (« incompatibilité d'humeur », « perte de confiance » non étayée par des faits) rend le licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse. Pour un motif économique, la lettre doit en plus informer le salarié de sa priorité de réembauche et, s'il en fait la demande, des critères d'ordre des licenciements appliqués.
La motivation fixe les limites du litige
Principe constant en droit du travail : les motifs énoncés dans la lettre de licenciement fixent les limites du litige devant le conseil de prud'hommes. L'employeur ne peut pas, en cours de procédure, invoquer un motif qui n'était pas mentionné dans la lettre initiale.
Préciser les motifs après l'envoi
Depuis un décret du 15 décembre 2017 (article R1232-13), le salarié peut, dans les 15 jours suivant la notification, demander par écrit des précisions sur les motifs énoncés ; l'employeur dispose alors de 15 jours pour répondre. L'employeur peut aussi, de sa propre initiative, préciser les motifs dans ce même délai de 15 jours, sans attendre une demande du salarié. Ces précisions ne peuvent que clarifier les motifs déjà énoncés — elles ne permettent pas d'ajouter un motif totalement absent de la lettre d'origine. Une motivation insuffisante, non précisée dans ce cadre, constitue une irrégularité de procédure : elle ouvre droit à une indemnité (distincte de celle due en cas d'absence de cause réelle et sérieuse), sans priver nécessairement le licenciement de sa validité de fond.
Les délais entre l'entretien et l'envoi de la lettre
L'employeur doit attendre au minimum 2 jours ouvrables après la date de l'entretien préalable avant d'envoyer la lettre, quel que soit le motif du licenciement (article L1232-6 pour le motif personnel non disciplinaire, article L1332-2 pour le disciplinaire). Pour un licenciement à caractère disciplinaire uniquement (faute simple, grave ou lourde), un délai maximum d'1 mois après l'entretien s'applique également : passé ce délai, la sanction est irrégulière. Pour un licenciement personnel non disciplinaire (insuffisance professionnelle, inaptitude) ou économique, il n'existe pas de délai maximum légal équivalent — seul le délai minimum de 2 jours ouvrables s'impose.
Ce que ça change concrètement
Lisez attentivement votre lettre de licenciement : c'est elle qui délimite ce que l'employeur pourra invoquer devant les prud'hommes. Si les motifs vous semblent vagues ou insuffisamment détaillés, vous avez 15 jours pour demander des précisions par écrit — une démarche simple qui peut renforcer votre dossier en cas de contestation.
Rédigez la lettre avec un soin particulier : des motifs précis, factuels et complets dès l'envoi évitent d'avoir à les préciser ensuite, et sécurisent la procédure en cas de contentieux. Vérifiez systématiquement les délais (2 jours ouvrables minimum après l'entretien, 1 mois maximum si le motif est disciplinaire).
Questions fréquentes
Mon employeur peut-il m'envoyer la lettre le lendemain de l'entretien préalable ?
Non. Il doit attendre au minimum 2 jours ouvrables complets après la date de l'entretien avant d'envoyer la lettre, quel que soit le motif du licenciement.
La lettre de licenciement doit-elle obligatoirement être envoyée en recommandé ?
Oui, l'article L1232-6 impose la lettre recommandée avec accusé de réception ; ce n'est pas une simple recommandation d'usage.
Puis-je demander à mon employeur d'expliquer davantage les motifs de mon licenciement ?
Oui, vous disposez de 15 jours après la notification pour demander par écrit des précisions ; l'employeur a ensuite 15 jours pour répondre.
Mon employeur peut-il ajouter un nouveau motif après avoir envoyé la lettre ?
Non. Les précisions apportées, à la demande du salarié ou à l'initiative de l'employeur, ne peuvent que clarifier les motifs déjà énoncés dans la lettre initiale — elles ne permettent pas d'invoquer un motif totalement absent de la lettre d'origine.
Y a-t-il un délai maximum pour que l'employeur envoie la lettre après l'entretien ?
Uniquement en cas de licenciement disciplinaire : l'employeur a au maximum 1 mois après la date de l'entretien préalable pour notifier le licenciement. Pour les autres motifs, seul le délai minimum de 2 jours ouvrables s'applique légalement.