Identifier sa convention collective
Tous les simulateurs de ce site appliquent le barème légal minimum du Code du travail. Mais votre convention collective peut prévoir des règles plus favorables (indemnité plus élevée, préavis plus long, congés supplémentaires). Voici comment la retrouver.
Par Nathan Penin, éditeur du site. Contenu vérifié le 6 septembre 2026. Sources : Code du travail, Légifrance, service-public.fr.
1. Vérifiez votre bulletin de paie
Le nom ou le code IDCC (Identifiant De Convention Collective, 4 chiffres) de votre convention collective doit obligatoirement figurer sur chaque bulletin de paie, généralement en en-tête ou dans les mentions légales du bas de page. C'est la source la plus fiable et la plus rapide.
2. Vérifiez votre contrat de travail
La convention collective applicable doit également être mentionnée dans le contrat de travail, généralement dans les premiers articles ou une clause dédiée.
3. Recherchez par code IDCC ou par nom sur Légifrance
Une fois le nom ou le code IDCC identifié, retrouvez le texte intégral et à jour de la convention (avenants inclus) sur Légifrance, qui centralise toutes les conventions collectives françaises.
4. Si vous ne trouvez rien : partez du code APE/NAF de l'entreprise
Le code APE (ou NAF), visible sur l'extrait Kbis de l'entreprise ou sur des annuaires comme Societe.com, correspond généralement à un secteur d'activité. Le ministère du Travail met à disposition des tables de correspondance entre code APE et conventions collectives applicables les plus courantes du secteur — utile en dernier recours, mais moins fiable qu'une mention explicite sur le bulletin de paie.
Conventions collectives les plus recherchées
Ces neuf conventions couvrent, à elles seules, plusieurs millions de salariés en France. Si votre secteur en fait partie, le code IDCC ci-dessous permet de retrouver directement le bon texte sur Légifrance — mais vérifiez toujours la mention exacte sur votre bulletin de paie, certains secteurs comptent plusieurs conventions selon la catégorie (ouvrier, ETAM, cadre) ou la taille de l'entreprise.
| Secteur | Code IDCC |
|---|---|
| Bureaux d'études, conseil, ingénierie, informatique (Syntec) | 1486 |
| Métallurgie (convention nationale unifiée depuis 2024) | 3248 |
| Hôtellerie, cafés, restaurants (HCR) | 1979 |
| Commerce de détail non alimentaire | 1517 |
| Commerce de gros | 573 |
| Transport routier | 16 |
| Bâtiment — ETAM | 2609 |
| Commerce et réparation automobile | 1090 |
| Propreté et nettoyage | 3043 |
Bâtiment : les ouvriers (IDCC 1596 ou 1597 selon l'effectif de l'entreprise) et les cadres (IDCC 2420) relèvent de conventions distinctes de celle des ETAM indiquée ci-dessus.
Ressources officielles pour aller plus loin
Pourquoi vérifier sa convention collective avant d'utiliser un simulateur ?
La plupart des simulateurs de ce site appliquent le barème légal minimum prévu par le Code du travail. Or, une convention collective de branche peut prévoir des dispositions plus favorables : indemnité de licenciement calculée avec un coefficient supérieur, préavis plus long (souvent 3 mois pour les cadres), jours de congés supplémentaires pour ancienneté, ou primes spécifiques. Si votre convention collective prévoit un montant supérieur au minimum légal, c'est elle qui s'applique.
Pour quatre branches — Syntec, Bâtiment, Transports routiers et Hôtels-Cafés-Restaurants —, la comparaison est déjà faite : le simulateur de rupture conventionnelle calcule l'indemnité conventionnelle et retient le montant le plus élevé, et le simulateur de préavis applique les durées de la convention. Les fiches ci-dessous détaillent les règles retenues. Pour les autres conventions, les simulateurs affichent le minimum légal et c'est à vous de comparer avec le texte de votre convention.
Indemnité de licenciement, rupture conventionnelle et préavis : quatre conventions en détail
Pour ces quatre branches, le site calcule l'indemnité conventionnelle de licenciement et la compare au minimum légal (un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, un tiers de mois au-delà). La même comparaison vaut pour la rupture conventionnelle, dont l'indemnité ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (service-public.gouv.fr — rupture conventionnelle✓ Source officielle, fiche vérifiée le 26 juin 2026). Les formules et les durées de préavis ci-dessous ont été relues article par article sur Légifrance le 2 octobre 2026. Elles ne remplacent pas la lecture de votre contrat et des accords de votre entreprise, qui peuvent prévoir mieux.
Montants comparés pour un salaire de référence de 3 000 € brut
| Convention et statut | 5 ans | 10 ans | 20 ans | Face au minimum légal |
|---|---|---|---|---|
| Minimum légal (Code du travail) | 3 750 € | 7 500 € | 17 500 € | Référence |
| Syntec — ingénieurs et cadres | 5 000 € | 10 000 € | 20 000 € | Plus favorable à partir de 2 ans |
| Syntec — ETAM | 3 750 € | 7 500 € | 20 000 € | Plus favorable au-delà de 10 ans |
| Bâtiment — cadres | 4 500 € | 9 000 € | 27 000 € | Plus favorable à partir de 2 ans |
| Bâtiment — ETAM | 3 750 € | 7 500 € | 16 500 € | Identique jusqu'à 10 ans, inférieure ensuite (hors majoration après 55 ans) |
| Bâtiment — ouvriers | 1 500 € | 4 500 € | 9 750 € | Inférieure : le minimum légal s'applique |
| Transports routiers — techniciens et agents de maîtrise | 4 500 € | 9 000 € | 18 000 € | Plus favorable de 3 à 25 ans d'ancienneté |
| Transports routiers — ingénieurs et cadres | 6 000 € | 12 000 € | 24 000 € | Plus favorable à partir de 3 ans |
| Hôtels-Cafés-Restaurants | 1 500 € | 3 000 € | 8 000 € | Inférieure : le minimum légal s'applique |
Montants calculés avec les fonctions du simulateur, hors majorations liées à l'âge. Chaque convention définit son propre salaire de référence (voir les fiches) ; le simulateur applique la formule au salaire de référence que vous saisissez. Pour dix conventions parmi les plus répandues (dont la métallurgie, le commerce alimentaire et l'hospitalisation privée), voir notre étude chiffrée de l'indemnité de licenciement.
Syntec — bureaux d'études techniques, ingénieurs-conseils, sociétés de conseils (IDCC 1486)
Indemnité de licenciement (article 4.5). Elle est due à partir de 8 mois d'ancienneté ininterrompue, sauf faute grave ou lourde. Pour les ETAM : un quart de mois de rémunération par année de présence jusqu'à 10 ans d'ancienneté ; après 10 ans d'ancienneté, un tiers de mois pour chaque année de présence, c'est-à-dire sur toute l'ancienneté (lecture du simulateur officiel du ministère du Travail) : au-delà de 10 ans, la convention devient plus favorable que le Code du travail. Pour les ingénieurs et cadres : un quart de mois par année de présence en dessous de 2 ans d'ancienneté, un tiers de mois par année de présence à partir de 2 ans. Le mois de rémunération est le douzième de la rémunération des 12 derniers mois, primes prévues au contrat comprises, hors majorations pour heures supplémentaires et indemnités de déplacement. La convention précise que l'employeur verse le montant le plus élevé entre ce calcul et celui du Code du travail.
Préavis (article 4.2). Les mêmes durées s'appliquent au licenciement et à la démission : pour les ETAM, 1 mois en dessous de 2 ans d'ancienneté et 2 mois au-delà (2 mois quelle que soit l'ancienneté aux coefficients 400, 450 et 500) ; pour les ingénieurs et cadres, 3 mois.
Texte : Légifrance — convention Syntec✓ Source officielle. Calculer : indemnité de rupture conventionnelle, durée du préavis.
Bâtiment — cadres (IDCC 2420), ETAM (IDCC 2609), ouvriers (IDCC 1596 et 1597)
Le bâtiment compte une convention par catégorie. Toutes majorent l'indemnité de licenciement de 10 % pour le salarié âgé de plus de 55 ans à la fin du préavis ; le simulateur, qui ne demande pas l'âge, ne calcule pas cette majoration et la signale.
- Cadres (article 7.5) : 3/10 de mois par année d'ancienneté à partir de 2 ans révolus et jusqu'à 10 ans, 6/10 de mois par année au-delà de 10 ans, dans la limite de 15 mois. Préavis (article 7.1) : 2 mois en dessous de 2 ans d'ancienneté, 3 mois à partir de 2 ans, en licenciement comme en démission. Légifrance signale cette convention comme non étendue : elle ne s'impose qu'aux entreprises adhérentes d'une organisation signataire.
- ETAM (article 8.5) : 2,5/10 de mois par année d'ancienneté à partir de 2 ans révolus et jusqu'à 15 ans, 3,5/10 de mois par année au-delà de 15 ans, dans la limite de 10 mois. Préavis (article 8.1) : 1 mois en dessous de 2 ans, 2 mois à partir de 2 ans, en licenciement comme en démission ; 3 mois pour l'ETAM licencié qui compte 15 ans d'ancienneté et plus de 55 ans.
- Ouvriers (article 10.3) : 1/10 de mois de salaire par année d'ancienneté de 2 à 5 ans ; après 5 ans, 3/20 de mois par année depuis la première année ; 1/20 de mois de plus par année au-delà de 15 ans. L'indemnité conventionnelle vise l'ouvrier qui ne peut pas encore bénéficier d'une retraite à taux plein. Préavis (article 10.1) : en licenciement, 2 jours jusqu'à 3 mois d'ancienneté, 2 semaines de 3 à 6 mois, 1 mois de 6 mois à 2 ans, 2 mois au-delà ; en démission, 2 jours jusqu'à 3 mois, puis 2 semaines quelle que soit l'ancienneté.
Pour les cadres et les ETAM, la rémunération de référence est celle du dernier mois précédant la notification, augmentée du douzième de la part variable des 12 derniers mois. Textes : Légifrance — cadres du bâtiment✓ Source officielle, ETAM du bâtiment✓ Source officielle, ouvriers, entreprises jusqu'à 10 salariés✓ Source officielle, ouvriers, entreprises de plus de 10 salariés✓ Source officielle. Calculer : indemnité de rupture conventionnelle, durée du préavis.
Transports routiers et activités auxiliaires du transport (IDCC 16)
La convention du 21 décembre 1950 renvoie à une annexe par catégorie. Le site calcule celles des techniciens et agents de maîtrise (annexe III) et des ingénieurs et cadres (annexe IV) ; les annexes des ouvriers et des employés ne sont pas calculées.
- Techniciens et agents de maîtrise (annexe III, article 18) : 1/10 de mois par année de présence avec 2 ans d'ancienneté ininterrompue — moins que le minimum légal, qui s'applique alors ; 3/10 de mois par année de présence à partir de 3 ans. Préavis (article 17) : en démission, 1 mois pour les groupes 1 à 5 et 2 mois pour les groupes 6 à 8 ; en licenciement, 1 mois en dessous de 2 ans d'ancienneté et 2 mois à partir de 2 ans pour les groupes 1 à 5, 2 mois pour les groupes 6 à 8.
- Ingénieurs et cadres (annexe IV, article 17) : à partir de 3 années de présence, 4/10 de mois par année passée dans la catégorie des ingénieurs et cadres, et 3/10 de mois par année passée auparavant comme technicien, agent de maîtrise ou employé. Préavis (article 15) : 3 mois, en licenciement comme en démission.
L'indemnité se calcule sur le salaire effectif au moment du départ, la part variable étant retenue pour sa moyenne des 12 derniers mois. Deux règles ne sont pas calculées par le simulateur : les années passées dans une autre catégorie avant de devenir cadre, et la réduction de 20 % par année au-delà de 60 ans que la convention permet lorsque le salarié peut déjà bénéficier d'une retraite — le minimum légal restant dû dans tous les cas. Le simulateur de préavis retient les durées des groupes 1 à 5. Texte : Légifrance — convention des transports routiers✓ Source officielle. Calculer : indemnité de rupture conventionnelle, durée du préavis.
Hôtels, cafés, restaurants — HCR (IDCC 1979)
Indemnité de licenciement (article 32). À partir de 2 ans d'ancienneté ininterrompue : 1/10 de mois de salaire par année d'ancienneté, auquel s'ajoute 1/15 de mois par année au-delà de 10 ans. Le salaire retenu est le douzième des 12 derniers mois ou, si c'est plus avantageux, le tiers des 3 derniers mois. Ce barème est toujours inférieur au minimum légal : c'est donc l'indemnité légale qui est versée, y compris entre 8 mois et 2 ans d'ancienneté, période pour laquelle la convention ne prévoit rien.
Préavis (article 30). Trois tranches d'ancienneté — moins de 6 mois, de 6 mois à moins de 2 ans, plus de 2 ans. En licenciement : 8 jours, 1 mois, 2 mois pour les employés ; 15 jours, 1 mois, 2 mois pour la maîtrise ; 1 mois, 3 mois, 3 mois pour les cadres. En démission : 8 jours, 15 jours, 1 mois pour les employés ; mêmes durées qu'en licenciement pour la maîtrise et les cadres.
Texte : Légifrance — convention HCR✓ Source officielle. Calculer : indemnité de rupture conventionnelle, indemnité légale de licenciement, durée du préavis.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le code IDCC ?
L'IDCC (Identifiant De Convention Collective) est un numéro à 4 chiffres attribué par le ministère du Travail à chaque convention collective nationale. Il permet de la retrouver de façon unique sur Légifrance ou dans les bases de données officielles, indépendamment du nom parfois variable de la convention.
Mon employeur est-il obligé de m'indiquer ma convention collective ?
Oui. La convention collective applicable doit être mentionnée sur le contrat de travail et sur chaque bulletin de paie (nom ou numéro IDCC). L'employeur doit également tenir un exemplaire à jour à disposition des salariés dans l'entreprise et informer les représentants du personnel de toute évolution.
Que faire si je ne trouve aucune convention collective mentionnée ?
Toutes les entreprises ne sont pas couvertes par une convention collective de branche, mais la grande majorité l'est. Si rien n'apparaît sur votre bulletin de paie, demandez confirmation à votre service RH ou déterminez le code APE/NAF de votre entreprise (visible sur Societe.com ou l'extrait Kbis) pour identifier la convention correspondant à votre secteur via Légifrance.
Quelle est l'indemnité de rupture conventionnelle avec la convention Syntec ?
Elle ne peut pas être inférieure à l'indemnité conventionnelle de licenciement prévue par l'article 4.5 de la convention Syntec (IDCC 1486). Pour un ingénieur ou cadre, celle-ci est d'un tiers de mois de salaire par année de présence à partir de 2 ans d'ancienneté : 10 000 € pour 3 000 € brut et 10 ans d'ancienneté, contre 7 500 € avec le barème légal. Pour un ETAM, la convention reprend la formule du Code du travail : un quart de mois par année jusqu'à 10 ans, un tiers au-delà.
Quelle indemnité de licenciement dans le bâtiment : cadre, ETAM ou ouvrier ?
Tout dépend du statut. Cadres (IDCC 2420) : 3/10 de mois par année jusqu'à 10 ans d'ancienneté, 6/10 pour les années suivantes, dans la limite de 15 mois. ETAM (IDCC 2609) : 2,5/10 de mois par année jusqu'à 15 ans, 3,5/10 au-delà, dans la limite de 10 mois. Ouvriers (IDCC 1596 et 1597) : 1/10 de mois par année de 2 à 5 ans d'ancienneté, puis 3/20 par année depuis la première, avec 1/20 de plus par année au-delà de 15 ans. Les trois conventions majorent l'indemnité de 10 % après 55 ans. Lorsque le calcul légal donne davantage, c'est lui qui s'applique.
Quelle indemnité de licenciement dans les transports routiers ?
À partir de 3 ans d'ancienneté, la convention des transports routiers (IDCC 16) prévoit 3/10 de mois de salaire par année de présence pour un technicien ou agent de maîtrise, et 4/10 de mois par année pour un ingénieur ou cadre. Pour 3 000 € brut et 10 ans d'ancienneté : 9 000 € et 12 000 €, contre 7 500 € avec le barème légal. Les annexes consacrées aux ouvriers et aux employés ne sont pas calculées sur ce site : le simulateur affiche pour eux le minimum légal.
La convention HCR prévoit-elle une indemnité de licenciement supérieure au minimum légal ?
Non. L'article 32 de la convention des hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979) prévoit 1/10 de mois de salaire par année d'ancienneté à partir de 2 ans, plus 1/15 de mois par année au-delà de 10 ans : c'est toujours moins que le barème légal, qui s'applique donc à la place. La convention est en revanche plus favorable que la loi sur le préavis des cadres : 3 mois à partir de 6 mois d'ancienneté, en démission comme en licenciement.