Simulateur d'heures supplémentaires : majoration, net et coût employeur
Calculez ce que rapportent vos heures supplémentaires (ou vos heures complémentaires à temps partiel) : majoration légale ou conventionnelle, cotisations réduites, exonération d'impôt et contingent annuel. Estimez le brut majoré à payer, le coût réel après déduction forfaitaire de cotisations patronales, et le repos dû si le contingent annuel est dépassé.
Par Nathan Penin, éditeur du site. Barème vérifié le 24 septembre 2026 — mis à jour à chaque revalorisation légale. Notre méthode.
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Comment sont calculées les heures supplémentaires ?
Une heure supplémentaire est une heure effectuée au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine (art. L3121-27 du Code du travail✓ Source officielle). Le décompte se fait par semaine civile, pas au mois. À défaut de convention ou d'accord collectif, la majoration légale est de 25 % pour les 8 premières heures (de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure) et de 50 % au-delà (art. L3121-36✓ Source officielle). Un accord d'entreprise ou, à défaut, de branche peut fixer un autre taux, avec un plancher de 10 % (art. L3121-33✓ Source officielle). Ces règles sont résumées sur service-public.gouv.fr, fiche F2391✓ Source officielle (vérifiée le 8 juin 2026) et economie.gouv.fr✓ Source officielle.
Le simulateur part de votre salaire brut mensuel de base et le ramène à un taux horaire (salaire ÷ 151,67 h pour 35 heures, soit la durée légale mensualisée), puis applique la majoration heure par heure. Si votre convention collective prévoit un taux horaire de référence différent, ou si vous êtes au forfait (jours ou heures sur l'année), le résultat ne s'applique pas tel quel : le simulateur de RTT traite les forfaits et les semaines à 37 ou 39 heures avec repos compensateur.
| Heures dans la semaine | Nature | Majoration légale (à défaut d'accord) |
|---|---|---|
| 1ʳᵉ à 35ᵉ heure | Durée légale | Aucune |
| 36ᵉ à 43ᵉ heure | 8 premières heures supplémentaires | + 25 % |
| À partir de la 44ᵉ heure | Heures supplémentaires suivantes | + 50 % |
| Temps partiel : au-delà de la durée du contrat | Heures complémentaires | + 10 % jusqu'au dixième de la durée contractuelle, + 25 % au-delà (jusqu'au tiers) |
Cotisations et impôt : pourquoi le net est plus élevé qu'une heure ordinaire
La rémunération des heures supplémentaires et complémentaires, majoration comprise, bénéficie d'une réduction des cotisations salariales d'assurance vieillesse (régime de base et retraite complémentaire) dans la limite de 11,31 % (Urssaf.fr — réduction de cotisations salariales✓ Source officielle, art. L241-17 du Code de la sécurité sociale). La CSG et la CRDS restent dues. Le simulateur calcule les cotisations avec les taux détaillés du simulateur brut/net, puis retranche cette réduction : pour un non-cadre, le net représente environ 90 % du brut majoré, contre 78 % pour une heure ordinaire.
Côté impôt, ces heures sont exonérées d'impôt sur le revenu jusqu'à 7 500 € de rémunération nette imposable par an (justice.fr — heures supplémentaires et impôt✓ Source officielle, art. 81 quater du CGI ; règle rappelée sur la fiche F2391 de service-public.gouv.fr). Le montant est à déclarer et prérempli sur la déclaration de revenus ; au-delà du plafond, le surplus est imposé comme un salaire. Le simulateur indique le net imposable de vos heures et le rapporte au plafond annuel, sans estimer votre impôt : cela dépend de l'ensemble de votre foyer (voir le simulateur de parts fiscales).
Coût pour l'employeur : charges patronales et déduction forfaitaire
Pour l'employeur, chaque heure supplémentaire coûte le brut majoré plus les cotisations patronales, estimées ici avec le taux moyen de 42 % utilisé par le simulateur de coût d'un salarié. En contrepartie, une déduction forfaitaire de cotisations patronales s'applique : 1,50 € par heure supplémentaire dans les entreprises de moins de 20 salariés, 0,50 € par heure à partir de 20 salariés — la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (art. 21) l'ayant étendue, pour les périodes d'emploi à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, aux entreprises de 250 salariés et plus qui en étaient exclues (economie.gouv.fr✓ Source officielle, art. L241-18 et L241-18-1 du Code de la sécurité sociale). Cette déduction vise les heures supplémentaires et ne s'applique pas aux heures complémentaires du temps partiel. Elle est cumulable avec la réduction générale des cotisations patronales, dont le calcul exact dépend de la rémunération annuelle et n'est pas simulé ici.
Contingent annuel et contrepartie obligatoire en repos
Le contingent annuel est le volume d'heures supplémentaires qu'un employeur peut faire effectuer sur l'année sans contrepartie particulière : 220 heures par salarié et par an à défaut d'accord collectif (art. D3121-24✓ Source officielle), un accord pouvant fixer un volume différent. Au-delà du contingent, chaque heure ouvre droit, en plus de la majoration, à une contrepartie obligatoire en repos : 50 % de l'heure dans une entreprise de 20 salariés au plus, 100 % dans une entreprise de plus de 20 salariés (art. L3121-38✓ Source officielle). Renseignez le nombre d'heures déjà effectuées dans l'année pour que le simulateur vérifie le franchissement du contingent et chiffre le repos dû.
Le paiement majoré peut aussi être remplacé, en tout ou partie, par un repos compensateur équivalent (une heure à 25 % donne 1 h 15 de repos) si un accord collectif le prévoit ou, à défaut, sur décision de l'employeur sans opposition du comité social et économique ; les heures intégralement compensées en repos ne s'imputent pas sur le contingent (art. L3121-30, L3121-33 et L3121-37). Le simulateur chiffre le paiement en euros ; convertissez vous-même en repos si votre entreprise applique ce dispositif.
Heures complémentaires : le cas du temps partiel
Un salarié à temps partiel n'effectue pas d'heures supplémentaires mais des heures complémentaires, au-delà de la durée fixée par son contrat. Chacune donne lieu à majoration (art. L3123-8✓ Source officielle) : à défaut d'accord, 10 % dans la limite du dixième des heures prévues au contrat, puis 25 % entre le dixième et le tiers, seuil qu'un accord collectif doit avoir autorisé (art. L3123-29✓ Source officielle). Pour un contrat de 24 heures, les 2 h 24 premières heures complémentaires sont à 10 %, les suivantes à 25 %. Ces heures ne peuvent jamais porter la durée hebdomadaire à 35 heures (art. L3123-9) : le simulateur vous alerte si c'est le cas. Elles bénéficient de la réduction de cotisations salariales et de l'exonération d'impôt comme les heures supplémentaires. Pour mesurer l'effet d'un passage à temps partiel sur le salaire, utilisez le simulateur de temps partiel.
Exemples concrets
Au SMIC, 5 heures supplémentaires dans la semaine. Salaire de base 1 867 € brut pour 35 h, soit 12,31 € de l'heure. Les 5 heures sont dans les 8 premières : 5 × 12,31 € × 1,25 = 76,94 € brut (dont 15,39 € de majoration). Cotisations salariales 16,03 €, réduction de 11,31 % : 8,70 € → environ 69,60 € net, exonérés d'impôt sur le revenu. Coût pour un employeur de moins de 20 salariés : 76,94 € + 32,31 € de charges (42 %) − 7,50 € de déduction forfaitaire = environ 101,75 €.
2 500 € brut, 10 heures supplémentaires dans la semaine. Taux horaire 16,48 €. 8 heures à 25 % et 2 heures à 50 % : 164,84 € de base + 49,45 € de majoration = 214,29 € brut, soit environ 193,86 € net. Si un accord de branche fixe la majoration à 10 % pour toutes les heures, le brut tombe à 181,32 €.
Temps partiel 24 h, 1 500 € brut, 4 heures complémentaires. Taux horaire 14,42 € (1 500 € ÷ 104 h). 2,4 heures à 10 % et 1,6 heure à 25 % : 66,92 € brut, environ 60,55 € net. Les 4 heures dépassent le dixième du contrat (2,4 h) : un accord collectif doit l'autoriser.
Questions fréquentes
Comment sont majorées les heures supplémentaires ?
À défaut d'accord collectif, les 8 premières heures supplémentaires de la semaine (de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure) sont majorées de 25 % et les suivantes de 50 % (art. L3121-36 du Code du travail). Une convention ou un accord collectif peut fixer un autre taux, qui ne peut pas être inférieur à 10 % (art. L3121-33). Le décompte se fait par semaine civile : une semaine à 43 heures donne 8 heures majorées à 25 %.
Ma convention collective prévoit une majoration de 10 % seulement : est-ce légal ?
Oui, à condition qu'un accord d'entreprise, ou à défaut une convention ou un accord de branche, le prévoie : le taux conventionnel remplace alors les taux légaux de 25 % et 50 %, dans la limite d'un plancher de 10 % par heure (art. L3121-33 du Code du travail). Sans accord, ce sont les taux légaux qui s'appliquent. Vérifiez le texte applicable à votre entreprise avant de conclure.
Les heures supplémentaires sont-elles imposables ?
Elles sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € de rémunération nette imposable par an (art. 81 quater du CGI), majoration comprise. Au-delà de ce plafond, le surplus est imposé comme un salaire. Les heures complémentaires des salariés à temps partiel et les jours de repos rachetés bénéficient de la même exonération. Le montant reste à déclarer : il est prérempli sur la déclaration de revenus.
Quelles cotisations sont prélevées sur les heures supplémentaires ?
Les heures supplémentaires et complémentaires bénéficient d'une réduction des cotisations salariales d'assurance vieillesse (base et complémentaire) dans la limite de 11,31 % de leur rémunération, majoration comprise (art. L241-17 du Code de la sécurité sociale). La CSG et la CRDS restent dues. Concrètement, pour un salarié non cadre, le net d'une heure supplémentaire représente environ 90 % de son brut, contre environ 78 % pour une heure ordinaire.
Qu'est-ce que le contingent annuel de 220 heures ?
Le contingent est le volume d'heures supplémentaires qu'un employeur peut faire effectuer sur l'année sans contrepartie particulière : 220 heures par salarié et par an à défaut d'accord collectif (art. D3121-24 du Code du travail), un accord pouvant fixer un autre volume. Au-delà du contingent, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, en plus de la majoration : 50 % de l'heure dans une entreprise de 20 salariés au plus, 100 % au-delà de 20 salariés (art. L3121-38).
Peut-on remplacer le paiement des heures supplémentaires par du repos ?
Oui : un accord collectif, ou à défaut une décision de l'employeur (sauf opposition du comité social et économique), peut remplacer tout ou partie du paiement majoré par un repos compensateur équivalent (art. L3121-33 et L3121-37 du Code du travail). Une heure majorée à 25 % donne alors 1 h 15 de repos. Les heures ainsi compensées intégralement en repos ne s'imputent pas sur le contingent annuel (art. L3121-30).
Comment sont payées les heures complémentaires d'un temps partiel ?
Les heures effectuées au-delà de la durée prévue au contrat d'un salarié à temps partiel sont des heures complémentaires. À défaut d'accord, elles sont majorées de 10 % dans la limite du dixième de la durée contractuelle et de 25 % entre le dixième et le tiers, plafond qu'un accord doit prévoir (art. L3123-29 du Code du travail). Elles ne peuvent pas porter la durée de travail au niveau de la durée légale de 35 heures (art. L3123-9). Elles bénéficient de la réduction de cotisations salariales et de l'exonération d'impôt, mais pas de la déduction forfaitaire patronale.
Combien rapportent 5 heures supplémentaires au SMIC ?
Au SMIC 2026 (1 867 € brut mensuel pour 35 heures, soit 12,31 € de l'heure), 5 heures supplémentaires dans la semaine sont toutes majorées à 25 % : 5 × 12,31 € × 1,25 = 76,94 € brut. Après cotisations (réduction de 11,31 % comprise), cela représente environ 69,60 € net, exonérés d'impôt sur le revenu dans la limite annuelle de 7 500 €. Pour l'employeur d'une entreprise de moins de 20 salariés, le coût est d'environ 101,75 € avec un taux moyen de charges patronales de 42 % et la déduction forfaitaire de 1,50 € par heure.