Simulateur d'augmentation de salaire
Calculez le gain net réel d'une augmentation de salaire, en euros ou en pourcentage. Estimez le coût et le gain net perçu par le salarié pour une augmentation envisagée.
Par Nathan Penin, éditeur du site. Barème vérifié le 19 octobre 2026 — mis à jour à chaque revalorisation légale. Notre méthode.
Comment est calculé le gain net réel ?
Ce simulateur applique votre augmentation (en euros ou en pourcentage) à votre salaire brut actuel, puis convertit le nouveau brut en net selon le même coefficient moyen que le simulateur de conversion brut/net (78 % pour un non-cadre, 75 % pour un cadre). Il affiche ensuite le gain net réel, mensuel et annuel, qui est toujours inférieur au montant brut de l'augmentation annoncée.
Ce simulateur ne donne volontairement aucune indication sur le montant à négocier : il se limite à traduire une augmentation déjà proposée ou envisagée en gain net réel, pour vous permettre de l'évaluer en connaissance de cause. Les bons d'achat et chèques cadeaux remis par le CSE ou l'employeur ne sont pas une augmentation de salaire : ce sont des avantages ponctuels, dont l'exonération obéit à ses propres conditions (voir le plafond des chèques cadeaux du CSE).
Le passage du brut au net repose sur les cotisations salariales du régime général (vieillesse, CSG/CRDS, retraite complémentaire Agirc-Arrco) dont les taux sont publiés sur Urssaf.fr — taux de cotisations du secteur privé✓ Source officielle et résumés dans la fiche « Cotisations salariales » de service-public.gouv.fr✓ Source officielle (vérifiée le 1ᵉʳ janvier 2026). Le coefficient moyen utilisé ici (78 % non-cadre, 75 % cadre) est une approximation de ces taux : le net exact dépend de votre statut, de votre convention collective et figure sur votre bulletin de paie.
Exemple concret
Pour un salaire brut actuel de 2 800 € (statut non-cadre) et une augmentation de 5 % : nouveau brut = 2 800 × 1,05 = 2 940 €.
Net actuel : 2 800 × 78 % = 2 184 €. Nouveau net : 2 940 × 78 % = 2 293,20 €. Gain net réel : +109,20 € par mois, soit environ +1 310 € par an — pour une augmentation brute affichée de 140 €/mois : une partie de la hausse part en cotisations salariales.
Gain net selon l'augmentation : + 3 %, + 5 %, + 100 €…
Ordres de grandeur pour un non-cadre (coefficient 78 %), calculés avec les fonctions de ce simulateur le 25 septembre 2026. Une augmentation en pourcentage pèse d'autant plus que le salaire est élevé ; une augmentation en euros donne le même gain net quel que soit le salaire : + 100 € brut = + 78 € net, + 200 € brut = + 156 € net (respectivement + 75 € et + 150 € pour un cadre au coefficient 75 %).
| Brut actuel | Net actuel | + 2 % | + 3 % | + 5 % | + 100 € brut | + 200 € brut |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 000 € | 1 560 € | + 40 € brut → + 31,20 € net | + 60 € → + 46,80 € | + 100 € → + 78 € | + 78 € | + 156 € |
| 2 500 € | 1 950 € | + 50 € → + 39 € | + 75 € → + 58,50 € | + 125 € → + 97,50 € | + 78 € | + 156 € |
| 3 000 € | 2 340 € | + 60 € → + 46,80 € | + 90 € → + 70,20 € | + 150 € → + 117 € | + 78 € | + 156 € |
| 4 000 € | 3 120 € | + 80 € → + 62,40 € | + 120 € → + 93,60 € | + 200 € → + 156 € | + 78 € | + 156 € |
Gains nets mensuels avant impôt sur le revenu ; multipliez par 12 pour l'année (+ 5 % sur 3 000 € brut : + 1 404 € net par an). Côté employeur, chaque euro de brut coûte environ 1,42 € charges patronales comprises : + 150 € brut reviennent à environ 213 € par mois (voir le coût d'un salarié pour l'entreprise).
Ce qu'une augmentation change aussi (au-delà du net)
Le brut est l'assiette de presque tout le reste. Une augmentation relève donc mécaniquement : le salaire de référence des indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle et de départ à la retraite (moyenne des 12 ou des 3 derniers mois) ; l'indemnité de congés payés (règle du maintien de salaire) ; le taux horaire qui sert de base aux heures supplémentaires majorées ; les cotisations retraite, donc les points Agirc-Arrco et le salaire annuel moyen de la retraite de base ; l'indemnité journalière en cas d'arrêt maladie (calculée sur les 3 derniers mois de salaire) ; et, pour l'employeur, le coût total du poste. Sur la fiche de paie, la hausse apparaît d'abord sur la ligne du salaire de base, puis sur chaque cotisation calculée en pourcentage. Enfin, le prélèvement à la source s'applique au nouveau net imposable au taux déjà transmis par l'administration fiscale : le taux lui-même n'est recalculé qu'à la prochaine actualisation, ce simulateur n'estime donc pas le net après impôt.
Quand une augmentation est-elle obligatoire ?
Le Code du travail n'impose aucune augmentation individuelle « au mérite », mais plusieurs planchers s'imposent à l'employeur :
- Le Smic : aucun salaire ne peut lui être inférieur, et chaque revalorisation (1ᵉʳ janvier, ou en cours d'année si l'inflation dépasse 2 %) doit être répercutée aux salariés payés en dessous du nouveau montant (art. L3231-2✓ Source officielle, service-public.gouv.fr F2300✓ Source officielle). Un salarié à 1 867 € brut en 2026 est au Smic mensuel : voir le convertisseur brut/net.
- Les minima conventionnels : la convention collective fixe des salaires minimaux par niveau ou coefficient, régulièrement renégociés ; un salaire en dessous du minimum de sa classification doit être réaligné. Pour retrouver la vôtre : identifier sa convention collective.
- Le retour de congé de maternité : à défaut d'accord collectif, la rémunération est majorée des augmentations générales accordées pendant le congé et de la moyenne des augmentations individuelles de la catégorie professionnelle (ou de l'entreprise) sur la même période (art. L1225-26✓ Source officielle, service-public.gouv.fr F2265✓ Source officielle). Voir le simulateur d'indemnités de congé maternité.
- La négociation obligatoire sur les salaires : dans les entreprises où existe au moins un délégué syndical, l'employeur doit négocier sur les salaires effectifs chaque année à défaut d'accord de méthode, et au moins tous les 4 ans dans tous les cas — obligation de négocier, pas d'augmenter (art. L2242-1✓ Source officielle, art. L2242-13✓ Source officielle, fiche du ministère du Travail✓ Source officielle).
- L'égalité de rémunération entre femmes et hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale ; la directive sur la transparence salariale renforcera l'information des salariés sur les niveaux de rémunération.
Pour un premier poste, le raisonnement est le même mais part d'une proposition plutôt que d'un salaire existant : voir négocier son premier salaire.
Questions fréquentes
Pourquoi le gain net est-il inférieur à l'augmentation brute annoncée ?
Parce que le brut supplémentaire est lui aussi soumis aux cotisations salariales (retraite de base et complémentaire, CSG/CRDS...) avant d'arriver sur votre compte. Une augmentation brute de 200 € se traduit ainsi par un gain net d'environ 150 à 156 € selon votre statut cadre ou non-cadre.
Ce simulateur calcule-t-il l'impact sur mon impôt sur le revenu ?
Non. Ce simulateur donne le gain en net avant impôt (le montant soumis au prélèvement à la source). Une augmentation peut, dans certains cas, faire changer votre taux de prélèvement à la source ou votre tranche marginale d'imposition : ce calcul dépend de l'ensemble de vos revenus et n'est pas couvert ici.
Une augmentation de salaire modifie-t-elle mes indemnités en cas de rupture future ?
Oui, indirectement : l'indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle se calcule sur votre salaire de référence des 12 ou 3 derniers mois. Une augmentation récente peut donc, plus tard, augmenter le montant de ces indemnités. Utilisez notre simulateur d'indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle pour le vérifier.
Une augmentation de 100 € brut, ça fait combien en net ?
Environ 78 € net par mois pour un non-cadre et 75 € pour un cadre, avant impôt sur le revenu, soit respectivement 936 € et 900 € par an. Le rapport est le même à tous les niveaux de salaire pour une augmentation exprimée en euros, parce que les cotisations salariales sont proportionnelles au brut (coefficient moyen de 78 % ou 75 % dans ce simulateur ; votre bulletin de paie donne le taux exact). Pour l'employeur, ces 100 € brut coûtent environ 142 € charges patronales comprises.
Une augmentation de 5 % représente combien de net ?
5 % du brut, donc 5 % du net à coefficient constant : + 78 € net par mois pour 2 000 € brut, + 97,50 € pour 2 500 €, + 117 € pour 3 000 € et + 156 € pour 4 000 € (non-cadre ; environ 4 % de moins pour un cadre). Une augmentation en pourcentage se compare toujours à l'inflation de l'année : si les prix ont augmenté de 2 %, une hausse de 2 % maintient le pouvoir d'achat sans l'améliorer. Le tableau « Gain net selon l'augmentation » ci-dessus donne les mêmes ordres de grandeur pour + 2 % et + 3 %.
Mon employeur est-il obligé de m'augmenter chaque année ?
Non, sauf planchers légaux ou conventionnels. Aucune augmentation individuelle n'est obligatoire, mais l'employeur doit respecter le Smic à chaque revalorisation (article L3231-2 du Code du travail), les minima de la convention collective pour votre classification, la garantie de rattrapage au retour d'un congé de maternité (article L1225-26 : augmentations générales plus moyenne des augmentations individuelles de votre catégorie) et l'égalité de rémunération femmes-hommes. Dans les entreprises dotées d'un délégué syndical, il doit aussi ouvrir une négociation sur les salaires effectifs chaque année à défaut d'accord, et au moins tous les 4 ans (articles L2242-1 et L2242-13) — c'est une obligation de négocier, pas de conclure ni d'augmenter.
Une prime vaut-elle une augmentation ?
Pas tout à fait. Une prime exceptionnelle est versée une fois et n'entre pas dans le salaire de base : elle ne relève ni le taux horaire des heures supplémentaires, ni durablement le salaire de référence des indemnités de rupture (elle n'y compte qu'au prorata sur la période de référence). Elle est en général soumise aux mêmes cotisations qu'un salaire, sauf dispositifs spécifiques exonérés sous conditions (prime de partage de la valeur, intéressement, participation — voir le simulateur de participation légale). Une augmentation du salaire de base, elle, est acquise pour toutes les paies suivantes et se répercute sur l'ensemble des droits calculés à partir du brut. À montant annuel égal, l'augmentation est donc plus favorable dans la durée ; la prime peut être préférable si l'employeur ne peut pas s'engager de façon pérenne.