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Indemnité de départ à la retraite

Estimez le montant minimum dû selon que vous partez de votre propre initiative ou que votre employeur vous met à la retraite. Estimez le montant minimum à verser selon le type de départ à la retraite.

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Par Nathan Penin, éditeur du site. Barème vérifié le 31 octobre 2026 — mis à jour à chaque revalorisation légale. Notre méthode.

En bref : L'indemnité de départ à la retraite dépend de qui est à l'initiative du départ : le salarié ou l'employeur, avec deux barèmes distincts.
La loi retient le montant le plus favorable entre les deux moyennes.
Ancienneté exacte inconnue ? Calculez-la à partir de vos dates (années, mois et jours), puis revenez ici sans rien ressaisir.
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Comment est calculée l'indemnité de départ à la retraite ?

Deux régimes légaux distincts coexistent. En cas de départ volontaire du salarié (Art. L1237-9✓ Source officielle), l'indemnité est due à partir de 10 ans d'ancienneté et suit un barème par palier : un demi-mois de salaire entre 10 et 15 ans, un mois entre 15 et 20 ans, un mois et demi entre 20 et 30 ans, deux mois au-delà de 30 ans. En cas de mise à la retraite par l'employeur (salarié d'au moins 67 ans avec son accord, ou 70 ans et plus sans accord requis), l'indemnité suit le même barème que l'indemnité légale de licenciement (Art. R1234-2✓ Source officielle) : un quart de mois par année jusqu'à 10 ans, puis un tiers de mois par année au-delà.

Le régime fiscal et social diffère fortement selon le cas. L'indemnité de mise à la retraite est exonérée de cotisations sociales dans les mêmes conditions que l'indemnité de licenciement (2×PASS), mais son plafond d'exonération d'impôt sur le revenu est plus bas (5×PASS, contre 6×PASS pour le licenciement), et une contribution patronale spécifique de 40 % s'ajoute sur la part exonérée de cotisations — une charge que l'employeur ne supporte pas en cas de licenciement classique. L'indemnité de départ volontaire, elle, est en principe intégralement soumise à cotisations et à l'impôt sur le revenu, sans aucune exonération (sauf cadre PSE).

Barème par ancienneté, pour un salaire de référence de 3 000 €

Le tableau applique les deux barèmes légaux au même salaire : il montre à quel point le montant dépend de la partie qui prend l'initiative du départ.

Ancienneté Départ volontaire Mise à la retraite
5 ans Aucune indemnité légale 1,25 mois — 3 750 €
10 ans 0,5 mois — 1 500 € 2,5 mois — 7 500 €
15 ans 1 mois — 3 000 € 4,17 mois — 12 500 €
20 ans 1,5 mois — 4 500 € 5,83 mois — 17 500 €
25 ans 1,5 mois — 4 500 € 7,5 mois — 22 500 €
30 ans 2 mois — 6 000 € 9,17 mois — 27 500 €
35 ans 2 mois — 6 000 € 10,83 mois — 32 500 €
40 ans 2 mois — 6 000 € 12,5 mois — 37 500 €

Montants bruts calculés le 2 octobre 2026 avec les barèmes légaux (art. D1237-1✓ Source officielle pour le départ volontaire, art. R1234-2 pour la mise à la retraite). Votre convention collective peut prévoir une indemnité plus élevée : c'est alors elle qui s'applique.

Préavis et procédure : ce qui distingue les deux départs

Départ volontaire Mise à la retraite
Qui décide Le salarié L'employeur
Conditions Quitter l'entreprise pour bénéficier d'une pension de vieillesse (art. L1237-9) À partir de 70 ans : d'office. De 67 à 69 ans : seulement après avoir interrogé le salarié par écrit ; s'il répond non, la mise à la retraite est impossible pendant l'année qui suit (art. L1237-5)
Indemnité légale Barème par paliers, à partir de 10 ans d'ancienneté (art. D1237-1) Au moins l'indemnité légale de licenciement (art. L1237-7)
Salaire de référence Le plus favorable entre 1/12 des 12 derniers mois et 1/3 des 3 derniers mois (art. D1237-2) Même comparaison que pour l'indemnité de licenciement
Préavis Durée du préavis de licenciement : 1 mois entre 6 mois et moins de 2 ans d'ancienneté, 2 mois à partir de 2 ans (art. L1237-10 et L1234-1) Même durée, à respecter par l'employeur (art. L1237-6)
Si les conditions ne sont pas réunies — La rupture constitue un licenciement (art. L1237-8)

Avant 70 ans, la mise à la retraite suit une procédure précise. Trois mois avant l'anniversaire du salarié (le 67ᵉ, puis chaque année), l'employeur l'interroge par écrit sur son intention de quitter volontairement l'entreprise pour prendre sa retraite ; le salarié dispose d'un mois pour répondre. S'il répond non, l'employeur ne peut pas le mettre à la retraite pendant l'année qui suit, et la même procédure peut être renouvelée chaque année jusqu'à son 69ᵉ anniversaire (art. L1237-5✓ Source officielle et D1237-2-1✓ Source officielle ; service-public.gouv.fr, fiche F13966✓ Source officielle).

Pour un départ volontaire, le salarié respecte un préavis de la même durée que le préavis de licenciement (art. L1237-10✓ Source officielle) ; service-public.gouv.fr recommande de prévenir l'employeur par lettre recommandée avec accusé de réception ou par courrier remis en main propre contre récépissé. Dans les deux cas, un salarié ne peut percevoir qu'une seule indemnité de départ ou de mise à la retraite (art. L1237-9 et L1237-7). Le simulateur de préavis donne la durée applicable dans les principales conventions collectives.

Côté mutuelle d'entreprise, un départ à la retraite n'ouvre pas droit à la portabilité gratuite, réservée aux ruptures indemnisées par l'assurance chômage. L'assureur doit en revanche proposer, dans les 2 mois qui suivent la fin du contrat, un maintien payant de la complémentaire santé à tarif plafonné pendant trois ans : voir le maintien « loi Évin ».

Exemple concret

Pour un salarié de 22 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 2 600 € : en départ volontaire, le palier applicable est celui de 20 à 30 ans (1,5 mois de salaire), soit une indemnité de 3 900 €.

Avec la même ancienneté et le même salaire, une mise à la retraite par l'employeur suit le barème du licenciement : 10 × (2 600/4) + 12 × (2 600/3) ≈ 16 900 €, soit plus de 4 fois plus. Le régime applicable (qui est à l'initiative du départ) change donc radicalement le montant — à vérifier avant toute décision.

Erreurs fréquentes avant un départ à la retraite

Ignorer sa convention collective. Beaucoup de conventions prévoient une indemnité de départ volontaire plus élevée que le barème légal, ou ouverte dès une ancienneté plus faible.

Fixer sa date de départ sans vérifier ses trimestres. Partir sans le nombre de trimestres requis, avant l'âge du taux plein automatique (67 ans), expose à une décote sur la pension : comptez-les avec le simulateur de trimestres restants.

Comparer des montants bruts. L'indemnité de départ volontaire est en principe soumise à cotisations et à l'impôt sur le revenu, alors que l'indemnité de mise à la retraite bénéficie d'exonérations : à montant brut égal, le net n'est pas le même.

Ces points sont détaillés, avec un quiz, dans le module de formation « Départ à la retraite ».

Questions fréquentes

Quelle différence entre départ volontaire à la retraite et mise à la retraite ?

Le départ volontaire est à l'initiative du salarié, à tout âge dès qu'il remplit les conditions pour liquider sa pension. La mise à la retraite est à l'initiative de l'employeur : elle n'est possible que si le salarié a au moins 70 ans, ou entre 67 et 70 ans avec l'accord exprès du salarié (l'employeur doit l'interroger chaque année sur ses intentions).

L'indemnité de départ volontaire est-elle exonérée de cotisations sociales et d'impôt ?

Non, sauf cas particulier. Contrairement à l'indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle, l'indemnité de départ volontaire à la retraite est en principe intégralement soumise à cotisations sociales, CSG/CRDS et impôt sur le revenu, sauf si le départ s'inscrit dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), auquel cas le régime d'exonération de l'indemnité de licenciement s'applique.

L'indemnité de mise à la retraite a-t-elle exactement le même régime fiscal que l'indemnité de licenciement ?

Pas tout à fait. Le plafond d'exonération de cotisations sociales est bien le même (2×PASS, 96 120 € en 2026). En revanche, le plafond d'exonération d'impôt sur le revenu est plus bas pour la mise à la retraite (5×PASS, 240 300 € en 2026) que pour le licenciement (6×PASS, 288 360 €). De plus, une contribution patronale spécifique de 40 % (LFSS 2026) s'applique sur la part exonérée de cotisations sociales pour la mise à la retraite — une charge qui n'existe pas pour l'indemnité de licenciement classique.

Puis-je refuser une mise à la retraite proposée par mon employeur ?

Entre 67 et 70 ans, oui : l'employeur doit recueillir votre accord express, et votre refus empêche la mise à la retraite pour l'année en cours (l'employeur doit vous réinterroger l'année suivante). À partir de 70 ans, l'employeur peut vous mettre à la retraite sans avoir à recueillir votre accord.

Combien touche-t-on pour un départ volontaire à la retraite avec 25 ans d'ancienneté et 3 000 € de salaire ?

Avec 25 ans d'ancienneté (palier 20-30 ans, coefficient 1,5 mois) et un salaire de référence de 3 000 €, l'indemnité légale de départ volontaire à la retraite est de 4 500 €. Ce montant est intégralement soumis à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu, sans exonération particulière.

Quelle indemnité en cas de mise à la retraite par l'employeur, 3 000 € et 12 ans d'ancienneté ?

En cas de mise à la retraite à l'initiative de l'employeur, l'indemnité suit le barème légal de licenciement : pour 12 ans d'ancienneté et 3 000 € de salaire de référence, elle s'élève à 9 500 €, contre seulement 1 500 € (0,5 mois) si le même salarié était parti volontairement à cette ancienneté. Le régime fiscal et social est aussi plus favorable, dans certaines limites.

Quel préavis respecter pour un départ à la retraite ?

Le salarié qui part de lui-même respecte un préavis de la même durée que le préavis de licenciement (article L1237-10 du Code du travail, qui renvoie à l'article L1234-1) : 1 mois entre 6 mois et moins de 2 ans d'ancienneté, 2 mois à partir de 2 ans. En dessous de 6 mois d'ancienneté, le Code du travail ne fixe pas de durée. L'employeur qui met un salarié à la retraite respecte le même préavis (article L1237-6). Votre convention collective peut prévoir une autre durée.

Le départ volontaire à la retraite est-il une démission ?

Non, ce sont deux ruptures distinctes dans le Code du travail, même si l'initiative vient du salarié dans les deux cas. Le départ à la retraite a ses propres règles (articles L1237-9 et L1237-10) : une indemnité à partir de 10 ans d'ancienneté et un préavis aligné sur celui du licenciement, alors qu'une démission n'ouvre droit à aucune indemnité de rupture. Le modèle de lettre de code.travail.gouv.fr parle d'une volonté claire et non équivoque de partir à la retraite.

Comment l'employeur doit-il interroger le salarié avant 70 ans ?

Par écrit, trois mois avant l'anniversaire du salarié (le 67e, puis chaque année) : l'employeur lui demande s'il a l'intention de quitter volontairement l'entreprise pour prendre sa retraite. Le salarié a un mois pour répondre. En cas de réponse négative, aucune mise à la retraite n'est possible pendant l'année qui suit ; la procédure peut être renouvelée chaque année jusqu'au 69e anniversaire (articles L1237-5 et D1237-2-1 du Code du travail). Si ces conditions ne sont pas respectées, la rupture constitue un licenciement (article L1237-8).